happy new year

Après 11 jours passés en 2012,  je me lance pour te souhaiter une « bonne année », Lecteur.
Que ce changement d’année te soit bénéfique…
Plein de bonnes choses, de petits bonheurs, de grands bonheurs, des surprises…

De mon côté, je ne sais pas ce qui s’est passé durant les vacances pour la Terreur, mais il a repris tous les défauts que nous avons mis des mois à atténuer : il parle fort, il est indiscipliné, il ne se remet pas au travail etc.
J’ai déjà mis un mot dans son carnet de liaison, pris un rdv avec les parents, avec l’assistante sociale.

J’espère que je vais tenir le coup jusqu’à la fin de l’année…

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Méchanceté

Nous fabriquons une carte en relief pour envoyer à ses amis, sa famille…
Une louloute qui se débrouille très bien en arts visuels a réalisé une carte magnifique. Mais quand je dis magnifique, c’est vraiment magnifique : un découpage nickel, des couleurs en parfaite harmonie, bref, même moi j’étais envieuse de cette réussite. Je mets donc en valeur la louloute et son travail.

Un autre était envieux, c’était la Terreur. Mais lui ne sait pas se contenir : il a attendu que je ne sois pas dans le secteur et il  a mis un coup de ciseaux dans la carte !

Sauf que la louloute en question l’a vu en pleine action, s’est mise à pleurer toutes les larmes de son corps. Ne comprenant pas ce qui se passe, elle arrive à peine à articuler ce qu’a fait la Terreur.

Le pire dans l’histoire ? Quand je lui demande pourquoi il a fait ça, il ne répond rien.
Quand je lui explique que ce qu’il a fait est de la méchanceté gratuite, lui me répond : « C’est pas méchant de découper ! »
Quand je lui demande ce qu’il aurait ressenti si on lui avait fait la même chose, là non plus il ne montre aucun remord  : « Je m’en fiche, on peut découper ma carte si on veut… »

Là, vraiment, les bras m’en sont tombés ! 😦

Bilan

La Terreur est toujours la Terreur… Parfois, il y a des moments de grâce, mais ça ne dure jamais bien longtemps.
Après avoir travaillé sur « ombres et lumières », les élèves se mettent par 4 et inventent une histoire à raconter en théâtre d’ombres.

La Terreur  choisit ses camarades de jeu : mon IP et mon impressionnable.
Pendant 45 minutes, je me déplace de groupe en groupe pour donner des indications, aider, orienter.
Dans la groupe de La Terreur, au bout de 20-30 minutes,  j’ai eu droit à quelque chose du style :
– Yo, zyva, on va au Mc Do ?
– Ouais.
– Allez, montez dans ma wago.
– Yo, j’veux un big-king-giant-fish, avec des frites et du coca.

Pas top top, on en convient.
Alors je leur demande comment il vont gérer le déplacement dans la voiture, où sont les didascalies, si quand ils arrivent dans un fast-food, ils n’ont pas droit à un bonjour au minimum ?…
Ça les fait réfléchir et ils continuent.
A la fin du temps imparti, je ramasse les feuilles pour les corriger. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’ils m’avaient écouté et qu’ils avaient changé leur texte.
Maintenant, j’avais droit à une histoire de footeux un peu agressifs qui se battaient à la fin d’un match. Mais pas en mode « théâtre », non, non, en mode « roman »… Alors, comment dire, je me suis arraché les cheveux, et j’ai tenté de leur expliquer. Rien n’y a fait.

Pas grave, je les laisse continuer, puisque ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’on présente le projet aux autres classes.
Et comme à son habitude, la Terreur prend le parti d’en faire le moins possible en classe.
Alors que tous les groupes créent des figurines, font des ombres chinoises, la Terreur, IP et impressionnable n’en font pas une… Mais quand je dis pas une, c’est vraiment pas une.
Au moment de présenter au reste de la classe, ils n’ont même pas fait une figure d’un footeux, non, non. C’est « un peu la honte », mais comme ce sont les potes de la classe, ils s’en foutent un peu.

Quand je leur apprends que dans 2 jours on présente à une autre classe, là, ils se mettent un peu à travailler.

Soyons clair, ce qu’ils présentent est une daube sans nom, ils se font charrier par ceux des autres classes.
Après la représentation, la Terreur vient me voir et me dit :
– Maîtresse, c’était pas bien notre saynète…
– Ah bon, pourquoi ?
– Ben c’était trop court, et puis nos ombres elles z’étaient nulles.
– Et, je ne t’avais pas prévenu que ça n’allait pas ?…

Du coup, il a un peu compris, je crois, que je ne suis pas là pour l’embêter, mais est-ce que cela va vraiment avoir un impact sur son comportement ? Wait and see !

Première période de La Terreur

La Terreur  passé sa première période avec moi, et moi avec lui…
Après ces quelques semaines passées ensemble, lui et moi, on n’est toujours pas d’accord sur certains trucs.

1- Lui veut toujours parler quand il n’a pas la parole, moi, non.
2- Lui veut toujours jouer avec ses toupies, ses cartes pokémon, ses bracelets élastiques, moi, non.
3- Lui ne veut pas travailler avec les autres, moi, si.
4- Lui ne veut pas faire ses contrôles, moi, si.

Conclusion :
1- Il a été puni d’une partie de ses récréations au moins 60% du temps.
2- Toupies et autres objets personnels lui ont été confisqués de nombreuses fois par moi, mais aussi par mes collègues (ce qui a occasionné de nombreuses crises de larmes, parce qu’en fait, toupies, cartes et autres objets personnels doivent être des objets transitionnels, comme des doudous quoi…).
3- Il se retrouve tout seul pour travailler, mais comme plusieurs cerveaux valent mieux qu’un, son travail est toujours assez navrant.
4- Sa moyenne doit tourner autour des 9/20. D’un autre côté, quand je relis mes élèves et leur indique quels exercices ils doivent relire de plus près et que lui revient au bout de 30 secondes en disant qu’il a fini, faut pas s’étonner non plus ! Ou alors quand il doit reproduire une figure en géométrie et qu’il me rend une feuille vierge et blanche, sans aucune tentative de reproduction, ben moi je ne peux pas faire grand chose !

Et finalement, et ben on va faire une équipe éducative pour que tous ensemble (tous ensemble, ouais, ouais) on trouve une solution pour gérer cette Terreur.
LA question du jour : les parents viendront-ils ?
Wait and see !

Le même… en plus jeune.

La Terreur a un petit frère. Haut comme trois pommes et déjà un sacré pénible. Remarque, Lecteur, on sait de qui il tient, hein…
La Petite Terreur, donc, refuse de rentrer dans l’école… Il est fortement encouragé par la Terreur, qui lui non plus ne veut pas que je revois sa maman… (Oui, oui, deux fois en 15 jours, je sais…)
La maman réussit enfin à faire monter Petite Terreur. Mais La Terreur prend tout son temps, donc on l’attend !
Pendant ce temps, Petite Terreur, qui, comme son aîné, n’a peur de rien, est monté dans ma classe, a pris des feutres pour tableau blanc… et a écrit sur mon tableau à craies !

Comment dire… J’ai pété un câble, eu envie de l’envoyer paitre. Je lui ai juste dit que ce n’était pas bien (non, pas biiiiien !), et j’ai commencé à frotter pour nettoyer.
La Terreur, commençant à trouver le temps long, commence à râler. Conclusion : je lui ai filé l’éponge, j’ai discuté deux minutes avec la maman, et ensuite, on a mis fin à l’entretien. Et la maman a fini de nettoyer les traces…

Je plains sincèrement les parents, qui vont avoir fort à faire pour arriver à éduquer correctement le deux Terreurs… Parce que finalement, moi, je vais en baver cette année… Mais eux, si ça ne change pas, ils vont en baver toute leur vie.

L’année va être longue

Deuxième jour. Ce n’est que le deuxième jour. Donc il y en aura un troisième, un quatrième… Ça va être long.
J’ai dans ma classe un gosse assez… Comment dire ? Qui n’écoute rien ? Qui va se mettre en conflit avec tout le monde ? Qui se barre de la classe alors que je suis en rdv avec les parents ? Oui, c’est tout ça, une Terreur quoi!

Cette petit boule (parce qu’en plus, il est assez costaud) parle. Ça pourrait être instructif, mais non.
Il ouvre la bouche pour tout et rien.

* Je donne une consigne, il râle, peste…

* Je leur demande de faire un dessin:
– Mais je ne sais pas faire.
– Tout le monde n’a pas le talent de De Vinci, mais au moins, on essaye.
Je reviens 3 minutes après, il n’a rien fait. Je lui explique que s’il ne veut pas passer sa récré à faire un dessin, il vaudrait mieux qu’il s’y mette. Ce qu’il fait. J’ai droit à un bonhomme avec une tête, une boule à la place du corps…
– Si tu étais en moyenne section, je te féliciterai… Mais là, non.

* Un loulou fait un petit bruit. Je lui dit d’arrêter. Je continue à parler, le bruit recommence. Mais je sens bien que c’est la Terreur. Je me retourne, lui jette un regard noir et continue ma consigne.
– Ok, La Terreur, puni à la récré.
– Mais, heu, c’est po moi. (La Terreur a un accent prononcé).
– Ton sourire jusqu’aux oreilles prouve le contraire.
– Mais c’po moi.
– Je sais que si. (Tactique du « prêcher le faux pour savoir le vrai »…)
– Ouais, bon, la dernière fois c’était moi, mais pas les autres fois.
– D’accord,mais tu restes puni parce que cherches à savoir où sont les limites… Tu les as trouvées.

Et pour finir, alors que ses parents viennent me voir, il se barre de l’école. Il est rattrapé, mais il se barre dans la cour. Il faut que j’explique qu’on ne peut pas le laisser seul…
Début du rdv, les parents me disent qu’il est difficile à cadrer. SANS BLAGUE !!! Je ne m’en étais pas rendu compte !
« Vous comprenez, dans son ancienne école, c’était le bouc émissaire, dès que quelque chose allait mal, c’était à cause de la Terreur… Et puis il n’avait pas beaucoup de copains non plus. »  AH OUI ? C’est vraiment étonnant !

Durant l’entretien, il fait de nouveau du bruit, se lève, crie : « J’aime pas l’école, j’veux pas être là, j’veux rentrer à la maison. »
Les parents essayent de le faire asseoir, il se barre de nouveau, les parents me regardent…
Moi : Non, je n’irai pas le chercher, mais il ne peut pas rester seul dans les couloirs, c’est la même chose  que dans la cour…
Il est ramené de force, en pleurant, puis se met à se balader dans la classe. Je lui demande de s’asseoir, jusqu’à la fin du rendez-vous mais monsieur n’en a cure : il se met devant le tableau et commence à écrire.
Alors là, j’ai explosé, devant les parents, en le remettant à sa place et en lui précisant que la personne qui fixait les règles dans la classe c’était moi, et que sur le temps scolaire ou en dehors, il se devait de les respecter !

Ben tu sais quoi, Lecteur, ça ne l’a pas impressionné. Étonnant, non ?

Ça va être loooong.