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Nous travaillons sur les recettes de cuisine françaises et étrangères. Dans une recette apparaît le mot « cannelle ». Je leur demande ce que c’est, la plupart répondent « une épice ». Bon point.

Je leur montre alors ce que j’avais apporté  noix de muscade, badiane…
Quand je demande le nom de la noix de muscade, j’en ai une qui lève le doigt :
« Je sais, je sais, je sais, on en a à la maison, c’est du Casino. »

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Put********* de bord********* de mer******

« La refondation de l’école, la modification des rythmes scolaires, C’EST POUR LE BIEN DES ENFANTS !!! Et si vous n’y adhérez pas, pauvres mécréants de professeurs des écoles que vous êtes, c’est parce que vous ne voyez que votre petit nombril, bande de sales corporatistes. Ces feignasses de prof des écoles (qui valent encore moins que les profs des collèges et lycées), ils ne sont jamais contents, ils sont toujours en grève, alors que la dernière réforme en date c’est vraiment, mais alors vraiment pour le bien des élèves. »

Grosso merdo, c’est ce qu’on entend régulièrement, hein. Et d’ailleurs, c’est un medley. 

C’est sûr que c’est l’idée du siècle de vouloir allonger la pause méridienne (on en reparlera par -10° ou par 40°), de diminuer le temps d’enseignement à 5h15 par jour et en échange de les faire venir un mercredi. Les élèves seront vraiment moins crevés. Perso, j’vois pas comment c’est possible. Mais bon, on va me dire que c’est les grands penseurs qui y ont bien réfléchi, en s’appuyant sur les rythmes proposés par les chronobiologistes. Ainsi soit-il.

Et modifier le calendrier des vacances scolaires 2016-2017 suite à la fronde des professionnels du tourisme, c’est dans le bien des enfants aussi ?
Les faire finir une semaine avant Noël, pour reprendre le 3 janvier, c’est pas une idée qu’elle est bonne ? Non, parce que les faire finir le mercredi, comme prévu initialement, ça n’arrange pas, mais alors pas du tout les professionnels de la montagne. Ils ne pourront pas rentabiliser au max les réservations. Ils ne seraient pas un peu corporatistes, eux aussi ?

J’entends bien qu’il faut faire tenir compte de l’économie (d’un autre côté, c’est pas Gudule et Hortensia, dont les parents sont au RSA, qui vont pouvoir se payer des vacances à la montagne, hein. Et il y en a plus qu’on ne croit, des Gudule et Hortensia ! Mais ça, c’est un autre débat.), mais put******* de bord******** de mer*******, va peut-être falloir arrêter de dire que c’est dans l’INTERET DES ENFANTS !

Parce que franchement, si notre ministre a été un jour crédible, là, j’ai comme un doute.

De la mauvaise foi

Les élèves doivent inventer la fin d’un roman que nous sommes en train de lire en classe. Comme je sais qu’Antoine avait déjà lu la fin (malgré mes exhortations à ne pas le faire !), je lui explique qu’il doit inventer une autre fin que celle écrite dans le livre. Après multiples râleries (« Mais c’est pas juste, c’est trop compliqué… ») et un rabattage de caquet (« Tu n’avais qu’à écouter les consignes et ne pas lire la fin ! »), tout le monde se met au travail.

Quand je demande si certains veulent lire leur production, Alfonse se dévoue, et là, j’ai l’impression d’entendre la fin du livre, en bien moins bonne qualité, bien sûr ! Avant qu’il ne dévoile toute la fin, je le coupe et lui demande quelle partie de la consigne il n’avait pas comprise. Alfonse me regarde avec des yeux de merlan frit :
– Ben quoi ?
– Et bien tu as lu la fin du livre.
– Non.
-Regarde-moi dans le yeux, répète-le moi.
– Ben non, j’ai pas lu la fin du livre. » Et devant mon regard plus que dubitatif et inquisiteur, il lâche le morceau. « Alors, en fait, c’est Alfred qui a demandé à Antoine comment se terminait le livre, et moi, en fait, j’ai demandé à Alfred. Mais je ne l’ai pas lu…
– Et donc, dans la consigne, le verbe « inventer », tu ne sais pas ce qu’il signifie ?

Alfonse a dû recommencer son travail. Et Alfred également, parce que lui aussi avait juste « réécrit » la fin…