Parents de génie

Et voilà, un de plus.
Il n’est pas attentif en classe (ni chez lui), il répond toujours à côté, il fait ses devoirs quand bon lui semble, mais il y a quelque chose, c’est sûr !
D’abord, il fait toujours ses exercices justes à l’oral. Pas de sa faute si en passant à l’écrit, ça foire.
Ensuite, il a été testé, on attend les résultats.
Enfin, quoi qu’il se passe, ce n’est jamais sa faute : sa mère ne le surveillait pas, son père jouait à l’ordinateur, une mouche est venue se poser près de lui et ça l’a déconcentré… Et en classe, ça ne l’intéresse pas, alors il n’a pas envie de faire d’efforts. mais quand ça l’intéresse, vraiment, ce gosse est un génie.

Avec lui, je dois en être à au moins 15 génies dans ma classe.
C’est de ma faute si je ne sais pas exploiter au mieux leurs capacités…

Au fait, s’ils n’étaient simplement pas scolaires ? (mais bon, je n’ai pas encore osé parler de cela aux parents concernés…)

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De la grammaire

Nous revoyons les types de phrases.
Chacun y va de son petit exemple pour les phrases déclaratives, interrogatives.
Alors que nous sommes aux phrases exclamative, un loulou sort (avec le bon ton…):

« Tu m’as trompé ! »

Autant dire que ce loulou n’a absolument pas compris la portée de telles paroles.
Et que moi, j’ai compris pourquoi ses parents sont en train de se séparer…

De la géographie

Il existe maintenant l’océan… Antarticle ! 🙂

(conclusion : ne pas faire de grammaire juste avant la géo…)

Le même… en plus jeune.

La Terreur a un petit frère. Haut comme trois pommes et déjà un sacré pénible. Remarque, Lecteur, on sait de qui il tient, hein…
La Petite Terreur, donc, refuse de rentrer dans l’école… Il est fortement encouragé par la Terreur, qui lui non plus ne veut pas que je revois sa maman… (Oui, oui, deux fois en 15 jours, je sais…)
La maman réussit enfin à faire monter Petite Terreur. Mais La Terreur prend tout son temps, donc on l’attend !
Pendant ce temps, Petite Terreur, qui, comme son aîné, n’a peur de rien, est monté dans ma classe, a pris des feutres pour tableau blanc… et a écrit sur mon tableau à craies !

Comment dire… J’ai pété un câble, eu envie de l’envoyer paitre. Je lui ai juste dit que ce n’était pas bien (non, pas biiiiien !), et j’ai commencé à frotter pour nettoyer.
La Terreur, commençant à trouver le temps long, commence à râler. Conclusion : je lui ai filé l’éponge, j’ai discuté deux minutes avec la maman, et ensuite, on a mis fin à l’entretien. Et la maman a fini de nettoyer les traces…

Je plains sincèrement les parents, qui vont avoir fort à faire pour arriver à éduquer correctement le deux Terreurs… Parce que finalement, moi, je vais en baver cette année… Mais eux, si ça ne change pas, ils vont en baver toute leur vie.

L’année va être longue

Deuxième jour. Ce n’est que le deuxième jour. Donc il y en aura un troisième, un quatrième… Ça va être long.
J’ai dans ma classe un gosse assez… Comment dire ? Qui n’écoute rien ? Qui va se mettre en conflit avec tout le monde ? Qui se barre de la classe alors que je suis en rdv avec les parents ? Oui, c’est tout ça, une Terreur quoi!

Cette petit boule (parce qu’en plus, il est assez costaud) parle. Ça pourrait être instructif, mais non.
Il ouvre la bouche pour tout et rien.

* Je donne une consigne, il râle, peste…

* Je leur demande de faire un dessin:
– Mais je ne sais pas faire.
– Tout le monde n’a pas le talent de De Vinci, mais au moins, on essaye.
Je reviens 3 minutes après, il n’a rien fait. Je lui explique que s’il ne veut pas passer sa récré à faire un dessin, il vaudrait mieux qu’il s’y mette. Ce qu’il fait. J’ai droit à un bonhomme avec une tête, une boule à la place du corps…
– Si tu étais en moyenne section, je te féliciterai… Mais là, non.

* Un loulou fait un petit bruit. Je lui dit d’arrêter. Je continue à parler, le bruit recommence. Mais je sens bien que c’est la Terreur. Je me retourne, lui jette un regard noir et continue ma consigne.
– Ok, La Terreur, puni à la récré.
– Mais, heu, c’est po moi. (La Terreur a un accent prononcé).
– Ton sourire jusqu’aux oreilles prouve le contraire.
– Mais c’po moi.
– Je sais que si. (Tactique du « prêcher le faux pour savoir le vrai »…)
– Ouais, bon, la dernière fois c’était moi, mais pas les autres fois.
– D’accord,mais tu restes puni parce que cherches à savoir où sont les limites… Tu les as trouvées.

Et pour finir, alors que ses parents viennent me voir, il se barre de l’école. Il est rattrapé, mais il se barre dans la cour. Il faut que j’explique qu’on ne peut pas le laisser seul…
Début du rdv, les parents me disent qu’il est difficile à cadrer. SANS BLAGUE !!! Je ne m’en étais pas rendu compte !
« Vous comprenez, dans son ancienne école, c’était le bouc émissaire, dès que quelque chose allait mal, c’était à cause de la Terreur… Et puis il n’avait pas beaucoup de copains non plus. »  AH OUI ? C’est vraiment étonnant !

Durant l’entretien, il fait de nouveau du bruit, se lève, crie : « J’aime pas l’école, j’veux pas être là, j’veux rentrer à la maison. »
Les parents essayent de le faire asseoir, il se barre de nouveau, les parents me regardent…
Moi : Non, je n’irai pas le chercher, mais il ne peut pas rester seul dans les couloirs, c’est la même chose  que dans la cour…
Il est ramené de force, en pleurant, puis se met à se balader dans la classe. Je lui demande de s’asseoir, jusqu’à la fin du rendez-vous mais monsieur n’en a cure : il se met devant le tableau et commence à écrire.
Alors là, j’ai explosé, devant les parents, en le remettant à sa place et en lui précisant que la personne qui fixait les règles dans la classe c’était moi, et que sur le temps scolaire ou en dehors, il se devait de les respecter !

Ben tu sais quoi, Lecteur, ça ne l’a pas impressionné. Étonnant, non ?

Ça va être loooong.

Ce n’est que le début… ou alors une suite…

Il faut dégraisser le mammouth.
Sûr qu’avec une moyenne de 22 élèves par enseignant en primaire, on peut augmenter le nombre d’élève par classe.
Je pense que le calcul fait fut le suivant : nombre d’élèves divisé par le nombre de profs.
C’est basique, mais ça marche.

Je pense que dans ce compte, on n’a pas pensé à enlever les personnes qui ne sont pas de facto dans une classe mais qui permettent à l’éducation nationale de se maintenir peu ou prou à flot, à savoir :
– les directeurs déchargés totalement ou partiellement,
– les conseillers pédagogiques,
– les membres de RASED (enfin, ce qu’il en reste)…

Alors forcément, avec un nombre comme ça, nos dirigeants peuvent parler de suppression des postes.
Déjà l’an dernier il y avait des conséquences : les étudiants ayant obtenu le concours mis devant une classe, sans avoir eu une vraie formation, ceux à qui on avait promis « au moins deux semaines » de formation se sont retrouvés avec 3 jours, suppression de la formation continue des enseignants (stages) à cause du manque de remplaçants…
Bref, un gros bazar déjà.

Là, nous sommes le… heu…2 septembre, non ?
Et bien là, dans notre département, les personnes qui sont à 3/4 temps ne seraient pas complétées. Donc, les élèves auraient 3 jours de classe sur 4.
Pourquoi ? Parce qu’il n’y aurait personne pour compléter les enseignants titulaires.

La solution qui serait envisagée nos instances dirigeantes ? Attendre la rentrée étudiante en OCTOBRE pour proposer à des étudiants (master 1? master 2?) de compléter à l’année les titulaires.  Mais on complèterait en 1er les enseignants en élémentaire, hein, parce que les maternelles, est-ce si important ?

Donc, pour dégraisser le mammouth, on ne complète pas les enseignants à 3/4 temps, ça fait gagner des soussous !

Et les élèves là-dedans ?… 😦

Pré-rentrée

Et voilà.
Après avoir bossé durant plusieurs jours seule, devant mon ordi, ce qui devait arriver arriva : le 1er septembre, jour de pré-rentrée.

Voilà, c’est fait, la rencontre avec ZEBIGBOSS a eu lieu.

ZEBIGBOSS précédent avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de défauts, mais au moins une qualité (et sûrement d’autres, hein, mais je n’étais plus très objective après un certain nombre de petites crasses dont ZEBIGBOSS avait le secret…) : il arrivait en réunion en l’ayant préparée.

Ce matin fut… comment dire… de mauvais augure ?
Arrivée en avance, elle me fait remarquer que je suis en retard. Oui, enfin bon, comment dire : je suis la seule à être présente… Je suis donc en avance, pas en retard, chef… Ça commence mal, non ?
Ensuite, on commence par un café… C’est sympa, c’est sur, mais on a quand même du boulot, et passer 45 minutes à discuter le bout de gras, on peut le faire pendant la pause méridienne, non ?

Quant à la réunion en elle-même : nous avons fait le point sur les inscriptions, les modifications sur les listes… Ah, ben zut, où sont-elles passées ces listes ? Après 3 minutes de fouilles intensives, il a bien fallu se rendre à l’évidence : elles ne sont pas là, il faut retourner les chercher… Regards dépités entre nous.
Ensuite, elle n’avait rien préparé, rien anticipé : ZEBIGBOSS s’est contentée de reprendre le fil conducteur de la réunion de rentrée de l’an dernier (sans même l’avoir lu au préalable, soit dit en passant).
Pour finir, elle n’avait rien préparé en ce qui concerne les feuilles à photocopier pour les élèves : pas de fiche de renseignement, pas de fiche d’inscription pour l’étude, la garderie, les activités périscolaires…
Bref, 3 heures de pré-rentrée pour… pas grand chose en fait.

On sait ce que l’on perd,  on ne sait jamais ce que l’on gagne ! 😦